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© 2016 Le Jardin des Happycuriens

Les guildes au potager

D'après un texte de Jonathan engels

Traduit par Audrey Le Bris

Les guildes sont une manière astucieuse d’agencer le jardin. Plutôt que de batailler pour apporter tel ou tel nutriment aux plantes, combattre les ravageurs ou dépendre du succès d’une seule culture pour nourrir sa famille, une récolte abondante de produits divers est à portée de main.

On parle souvent des guildes comme d’un ouvrage à grande échelle, faisant partie par exemple d’une forêt nourricière. Une guilde se construit ainsi souvent autour d’un grand élément, comme un pommier.

 

Autour de ce point central, on place des arbres plus petits, des buissons, des fixateurs d’azote, des accumulateurs dynamiques, des plantes contre les ravageurs et des couvre sols.

 

Ce type de design nécessite au moins assez d’espace pour ce grand arbre et tout ce qui va autour. Cela peut vite devenir assez imposant.

Mais il y a aussi beaucoup à dire sur les guildes pour petits espaces. Que ce soit autour d’un petit citronnier ou au potager, les guildes rentabilisent le temps qu’il faut pour les assembler. De plus, les concevoir vous permet d’apprendre à mieux connaître les plantes avec lesquelles vous travaillez.

 

On peut utiliser une des nombreuses combinaisons classiques ou bien en créer de nouvelles, une fois que l’on a compris la logique derrière les associations qui fonctionnent bien.

Partir des combinaisons classiques

Les guildes ne sont rien de plus que l’étape qui suit les associations de plantes. A partir de deux plantes qui fonctionnent bien ensemble, on crée des polycultures fonctionnelles, idéalement auto-suffisantes. 

Dans une guilde, plusieurs plantes cohabitent et se rendent des services mutuels. Le sol est ainsi couvert, fertilisé, les ravageurs sont sous contrôle, les pollinisateurs sont attirés, les nutriments s’accumulent et le jardinier est bien nourri.

Des tableaux de bonnes associations ont été proposés. L’étape d’après consiste à ajouter quelques compétences de design et d’étendre les paires à plus de plantes, pour créer des écosystèmes cultivés variés.

Par exemple, pour créer une guilde autour de l’association classique carotte – oignon, nous allons étudier ce qu’il manque à cette combinaison et ce que nous pourrions lui apporter en plus.

 

Carottes et oignons s’entendent bien avec la laitue, qui pourrait servir de couvre sol, protégeant ainsi la vie du sol et son humidité tout en fournissant en plus une récolte.

 

Les pois s’entendent très bien avec la carottes, pas tellement avec les oignons. Nous pourrions alors tutorer des pois grimpants près des carottes, légèrement séparés des oignons. Ils fixeraient l’azote de l’air et ajouteraient un élément vertical à notre association.

 

Le romarin est une chouette vivace qui aide à dissuader les ravageurs. Il ajouterait une autre plante de plus grande taille et pourrait servir de plante centrale.

 

Maintenant, nous avons un étage supérieur qui dissuade les insectes, une culture de légumes racines, un couvre sol comestible et une grimpante fixatrice d’azote, qui peut faire de l’ombre pour les laitues. Nous avons ainsi ajouté une grande diversité et beaucoup de nouvelles fonctions.

Le maïs, les haricots et les courges sont un autre exemple classique. C’est une association qui fonctionne bien et qu’on pourrait déjà considérer comme une guilde. Mais il est encore possible de l’améliorer.

Le maïs sert de tuteur aux haricots, qui fixent de l’azote et les grandes feuilles des courges coureuses couvrent le sol et empêchent l’eau de s’évaporer.

 

La consoude pourrait être une bonne addition, en remontant les nutriments des couches profondes grâce à ses racines, en attirant les pollinisateurs et en tant que fournisseur de mulch.

 

Les tournesols pourraient servir à repousser les ravageurs et de source de graines très nutritives mais il semblerait qu’ils ne s’entendent pas très bien avec les haricots. L’amarante pourrait être une meilleure idée.

 

Traditionnellement, les trois sœurs sont souvent accompagnées de piments, de patates douces et bien d’autres encore.

Trouver une liste de bonnes associations sur internet est un jeu d’enfants. A partir de là, il suffit de réfléchir à d’autres associations puis d’expérimenter. Pour cela, il est bon de connaître les choses à considérer quand on construit une guilde.

Considérations pour créer une guilde au potager

Les tableaux de compagnonnage sont un outil utile pour créer des guildes. Mais il est surtout important de comprendre pourquoi certaines plantes vont bien ensemble et quels sont les éléments à prendre en compte lorsque l’on crée une nouvelle guilde.

Une fois que l’on a trouvé des combinaisons qui semblent intéressantes, il suffit de les tester. Et quand un groupe semble avoir bien fonctionné, on pourra le reproduire, en essayant continuellement de l’améliorer.

  • Qu’y a-t-il au centre ?

Dans la plupart des guildes, il y a une culture principale.

 

Pour les guildes autour d’un arbre fruitier, la réponse est évidente. Mais quand les cultures ont des tailles à peu près similaires, c’est moins évident.

 

On peut choisir la plante la plus grande ou la plus désirée. Un plant de tomates n’apporte pas forcément beaucoup aux plantes autour mais apporte énormément aux humains.

La tomate est vraiment polyvalente en cuisine. Elle est au cœur de beaucoup de sauces, elle est cruciale dans un sandwich aux légumes et c’est une des conserves les plus appréciées, apportant du soleil en hiver. Elle produit en abondance et nous l’apprécions pour cela.

 

Pour l’exercice d’aujourd’hui, nous choisirons donc comme plante centrale celle que la plupart des jardiniers adorent : la tomate.

  • Quelle est cette odeur ?

 Les ravageurs sont souvent repoussés par des plantes olfactives quand les pollinisateurs en sont souvent attirés.

 

On trouve une grande variété d’herbes aromatiques et la plupart s’entendent bien avec les autres plantes.

 

Le basilic est l’une d’entre elles. Non seulement il produit une odeur qui protège les tomates mais il s’associe très bien avec la tomate en cuisine, parfait pour une récolte combinée.

 

En plus de son goût délicieux, le basilic apporte aussi toutes sortes de bienfaits nutritionnels et médicinaux. Il forme également un petit buisson, parfait pour combler l’espace sous des tomates grimpantes.

 

Quelle est cette odeur ? Dans notre exemple, le basilic.

  • Qu’est ce qui protège le sol ?

La couverture du sol est la clé d’un bon jardinage. Elle permet à la vie du sol de prospérer, garde l’humidité, empêche l’érosion, ajoute de la matière organique et la liste est encore longue…

 

La capucine, une belle plante prolifique, couvre le sol et fournit de délicieuses feuilles et des fleurs comestibles attirantes. Les graines se mangent aussi, ainsi que les boutons floraux, qui peuvent se consommer comme des câpres.

 

Et devinez quelle plante est connue pour améliorer la saveur des tomates ? La capucine !

  • Qu’est ce qui augmente la fertilité ?

Il est extrêmement important de considérer comment le système sol est réapprovisionné.

 

Il semblerait que les tomates, qui sont des plantes plutôt gourmandes, n’apprécient que moyennement le voisinage des légumineuses. Dans ce cas, une meilleure réponse pourrait être une plante qui va chercher des minéraux en profondeur.

 

La consoude est fréquemment utilisée mais ici la bourrache pourrait être un meilleur choix. Elle repousse le ver de la tomate, attire les pollinisateurs, ajoute des nutriments au sol.

 

Et il semblerait qu’elle améliore le goût de la tomate. En plus, les feuilles et les fleurs sont comestibles et son odeur rappelle celle du concombre.

 

C’est une annuelle qui se ressème toute seule. Ici, la fertilité vient de la bourrache ( ainsi que bien d’autres choses, comme on l’a vu ! )

  • Quelle est cette racine ?

Une chose que j’aime avec les plantes compagnes est que les plantes qui s’entendent bien, se complémentent souvent en cuisine. Les petits pois et les carottes, la tomate et le basilic… Bon, ça ne marche pas toujours ; mais quand je peux, j’essaye de planter ensemble des plantes que je récolterai ensemble.

La tomate s’entend bien avec l‘ail. Et même si l’ail demande beaucoup de temps pour pousser, les feuilles d’ail sont délicieuses et peuvent être cueillies beaucoup plus tôt.

 

 En plus, l’ail poursuit son travail sous la surface du sol, en dissuadant le mildiou. L’ail ne demande pas beaucoup d’espace et, si on le fait pousser correctement, il peut très bien être vivace et requérir très peu d’attention.

 

Notre racine, c’est l’ail.

  • Qu’est ce qui reste en place ?

Même dans les plates-bandes potagères, destinées principalement à cultiver des annuelles, c’est une bonne idée de planter quelques vivaces.

 

Elles demandent moins au sol et très souvent, elles redonnent autant qu’elles prennent.

 

En restant en place, elles fournissent un abri à long terme pour la faune, des récoltes tôt dans la saison, du mulch à couper quand on en a besoin. Elles structurent le sol grâce à leurs racines et on est content de les trouver quand toutes les tomates sont parties. En bref, inclure quelques vivaces dans un mélange n’est vraiment pas la pire des idées.

 

Ici, on mettra des asperges, une plante pérenne qui s’entend bien avec la tomate et le basilic. Même s’il faut attendre plusieurs années avant de pouvoir manger la première asperge, en attendant la parcelle aura déjà été très productive.

 

L’ail et le basilic peuvent aussi être perpétuel. Les tomates, la bourrache et la capucine se ressèment très bien seules.

 

La dernière pièce de notre puzzle sera donc l’asperge.

Derniers conseils

Créer des guildes n’est pas très compliqué. Faites quelques recherches, trouvez ce qui semblent bien fonctionner ensemble.

 

A partir de là, considérez les caractéristiques de chaque plante et comment elles pourraient interagir entre elles.

Voici quelques conseils pour ne rien oublier :

  • Besoins en eau compatibles : si tout le monde aime l’eau, pas de problème, si tout le monde préfère un sol plus sec, génial. Les problèmes peuvent commencer à survenir lorsque l’on mélange les deux.

  • Système racinaire : essayez de variez les différentes formes de systèmes racinaires afin de prospecter une plus grande surface pour les nutriments. Et essayez d’inclure dans votre guilde un légume racine.

  • L’arrangement dans l’espace : placez ensemble des plantes de différentes tailles et de différentes formes. Pensez : sur quoi va grimper cette plante ? Pensez à occuper tout l’espace vertical quand c’est possible.

  • Insectes : pensez à attirer les pollinisateurs et à dissuader les ravageurs.

  • Le sol : quelque chose doit le couvrir en permanence. Il doit aussi être nourri, par des plantes aux racines profondes ou par une plante à mulch. Pensez aussi aux légumineuses.

  • Utilisez la règle de trois : trouvez au moins trois raisons d’ajouter une plante à votre guilde. Elle attire les abeilles, elle fournit de la nourriture, accumule les minéraux ou ajoute une autre couleur au mélange.

 

Ensuite, asseyez-vous et observez. Faites des petits réglages, quelques ajustements. Puis laissez la nature jouer son rôle.