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© 2020 Le Jardin des Happycuriens

Comment faire pousser votre propre mulch ?

Texte de Paul Alfrey

Traduit par Audrey Le Bris

Paul Alfrey, du projet Ecologie Balkan, nous partage comment il fait pousser et utilise son propre mulch.

 

Faire pousser mon propre mulch est depuis longtemps un de mes objectifs. Nous en utilisons beaucoup dans la pépinière et au potager. Pour le moment, je n’ai pas de problème à m’approvisionner mais le jour viendra où les paysans commenceront à utiliser leur propre paille pour améliorer leur sol. J’aimerais donc intensifier mes efforts pour cultiver mon propre mulch.

 

A l’heure actuelle, j’en cultive suffisamment pour couvrir mes plates-bandes de vivaces et environ 10% des plates-bandes d’annuelles. Mais la pépinière et 90% des annuelles dépendent toujours de la paille importée.

 

Qu’est-ce qu’une bonne plante à mulch ?

 

Le mulch idéal grandit vite, tolère la sécheresse, n’entre pas en compétition avec les plants du potager, ne contient pas de graines qui puissent l’envahir, est facile à manipuler et à couper ( il n’est ni coupant ni piquant ) et se dégrade relativement rapidement ( et ainsi redonne au sol ses nutriments ).

Les plantes aquatiques

 

Je fais pousser des espèces aquatiques de massettes ( Typha spp ), de carex ( Carex spp ) et de joncs ( Juncus spp ) sur les bords d’une petite mare et à l’intérieur d’une roselière de traitement des eaux grises.

 

La mare est aussi un habitat propice pour le cornifle ( Ceratophyllum spp ), une vivace immergée dépourvue de racine qui se rassemble massivement à la surface.

 

Cette plante est un excellent mulch : elle pousse très rapidement, elle est riche en azote et est facile à placer au pied des plantes du jardin.

Les plantes qui poussent au dessus de la surface fournissent un bon mulch épais, riche en carbone, qui aide à réduire l’évaporation des plates-bandes terrestres.

 

Je les coupe au printemps, au cas où elles seraient utilisées pour l’hibernation d’animaux.

 

Les plantes aquatiques sont une excellente source de mulch car elles poussent vite et ne présentent aucun risque de se ressemer dans les plates-bandes cultivées.

Les plantes pérennes ou bisannuelles à racines profondes

 

Les plantes à racines profondes ont tendance à produire une grande quantité de biomasse, à être plus résistantes à la sécheresse et n’entrent pas vraiment en compétition avec nos plantes cultivées, à racines souvent superficielles.

 

Je trouve que la grande bardane ( Arctium lappa ), une bisanuelle sauvage, forme un très bon mulch, avec ses feuilles gigantesques qui repoussent très vite après une coupe. La petite bardane ( Arctium minus ) est aussi utile dans une moindre mesure. Même si elles sont bisannuelles, on peut prolonger la vie de ces plantes en les coupant avant la floraison, ce qui fournit une bonne quantité de mulch sans graine. J’en laisse malgré tout certaines fleurir car ils sont très appréciées des abeilles et d’autres insectes.

 

La consoude ( Symphytum x uplandicum, « bocking 14 ») est un exemple classique de plante à mulch profondément enracinée. Nous l’avons dispersée un peu partout dans le jardin et dans des parcelles dédiées. Cependant la consoude peut avoir besoin d’irrigation et ne produira une bonne récolte de feuilles qu’en sol fertile.

 

Le topinambour ( Helianthus tuberosus ), est également une super source de biomasse. Pour une bonne récolte de tubercules, mieux vaut attendre la fin de la saison avant de récolter le mulch. Nous n’arrivons jamais à consommer tous les tubercules que nous récoltons, mais nous nous sommes aperçus qu’ils sont très appréciés par nos cochons et qu’ils constituent une excellente source de nourriture fraîche pour nos lapins en hiver.

Les arbres et arbustes fixateurs d’azote

Ces plantes mettent du temps à s’établir mais apportent une excellente contribution.

 

J’obtiens de bons résultats en taillant des paulownia

(Paulownia tomentosa) à l’âge de trois ans et en récoltant les nouveaux rameaux trois ou quatre fois par an.

 

Je m’attends également à avoir de bons résultats avec l’aulne blanc

( Alnus incana ) et l’aulne de corse ( Alnus cordata ).

 

J’évite d’utiliser des arbres et arbustes épineux pour la production de mulch.

 

La taille annuelle de buissons comme l’eleagnus

( Eleagnus umbellata ) et le genêt à balais ( Cytisus scoparius ) fournit également de bonnes quantités de mulch.

Pelouse et couvre-sol

 

Une de mes sources favorites de mulch sont les tontes de pelouse. Elles sont super pour couvrir des plantes en pot ou des endroits étroits. Des pelouses composées de diverses espèces contiendront un mélange plus diversifié d’éléments minéraux et les pelouses qui contiennent une légumineuse comme le trèfle blanc ( Trifolium repens ) donneront un mulch riche en azote.

 

Attention cependant à laisser une partie des tontes sur la pelouse afin de la garder en bonne santé.

 

Note de la traductrice : la pelouse peut avoir tendance à s’agglomérer avec la pluie et à asphyxier le sol en dessous. Il est préférable de n’en mettre qu’une fine couche ou mieux, de la mélanger à une autre matière pour l’aérer, en particulier sur les sols argileux.

Feuilles d’automne et résidus de tiges d’herbacées

La chute annuelle des feuilles de nos arbres et arbustes apporte une grande contribution à notre capital mulch.

 

Les feuilles peuvent être retirées des chemins, des pelouses et des plates-bandes de fleurs sauvages ( au risque sinon de perturber la bonne croissance de ces deux dernières ) et réparties là où elles apporteront un plus grand bénéfice, comme par exemple au pied des arbustes fruitiers comme les cassis ou les mûres.

Les vivaces herbacées, comme la mellisse ( Mellisa officinalis ) ou la menthe ( Mentha spp ) fournissent aussi des tiges mortes tous les ans.

C’est toujours une bonne idée de laisser les tiges creuses en hiver, car elles peuvent être utilisées par certains invertébrés pour pondre leurs œufs ou hiberner.

 

Mais si la plante ne contient pas de tiges creuses, elles peuvent être coupées et utilisées comme mulch.

Le fenouil ( Foeniculm vulgare ) fournit également une grande quantité de biomasse et autant que je le sache, ses tiges ne sont utilisées par aucun organisme en hiver.

 

Enfin, au potager, tous les restes de cultures après récolte retournent directement sur le sol pour être recyclés et servent en même de temps de paillage.

 

Taille des arbres

 

Le bois issu de la taille des arbres, des arbustes et des grimpantes, coupé en petits morceaux, représente un bon mulch dans les zones matures de la forêt jardin, où les champignons du sol, spécialisés dans le recyclage des matières ligneuses, sont bien implantés.

Mulch vivant

Dans les parties plus matures du jardin, où les arbres sont bien implantés ( 5 ans ou plus ), je me passe de mulch, au profit de couvre-sol qui peuvent être considérés comme un mulch vivant.

 

Les vivaces que je considère les plus intéressantes pour former une couverture dense à l’ombre sont par exemple la bugle rampante ( Ajuga reptans ), le lamier maculé ( Lamium maculatum ), l’orpin bâtard ( Sedum spurium ), la grande pervenche ( Vinca major ) et la betoine ( Stachys officinalis ).

Augmenter la production de mulch

 

Afin de faire pousser assez de mulch pour pailler mes plates-bandes d’annuelles et la pépinière, j’aurais certainement besoin de plus d’espace.

 

Une plus grande surface d’eau serait idéale, les plantes aquatiques grandissant très vite et les graines qu’elles portent n’étant pas un problème sur les plates-bandes de terre.

 

Si vous ne disposez pas d’un point d’eau fiable, la deuxième meilleure solution pour faire pousser de grandes quantités de mulch sans irrigation ni fertilisation est probablement des hautes herbes.