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© 2020 Le Jardin des Happycuriens

Commencer un jardin en Permaculture

D'après un texte de Angelo Eliades

Traduit par Audrey Le Bris

La plupart de ceux qui rêvent de vivre de manière soutenable et en harmonie avec la nature finiront par tomber sur la Permaculture. Il en serait difficile autrement, c’est un phénomène mondial, qui ne cesse de grandir !

Si vous lisez ceci, vous faites probablement déjà partie de ces personnes ! Certains d’entre vous étudieront sérieusement la Permaculture et, une fois le CCP passé ( Cours de Conception en Permaculture, formation certifiante de base, d’une durée de 15 jours), expérimenteront ce qu’on appelle «  l’effet Permaculture » ; un sentiment de profond changement intérieur et de réalisation qui entraîne une envie irréversible de faire une différence, d’arrêter de faire partie du problème et de commencer à construire la solution.

Dans ce cas, par où commencer ?

La réponse est très simple : dans votre jardin ! ( si vous en avez un ! )

Si vous n’en avez pas, une cour ou un balcon peuvent être utilisés et feront déjà une différence. Chaque effort, même minuscule, fait en direction d’une vie soutenable fera une différence. Même si cet effort ne sert concrètement qu’à maintenir votre connexion à la Nature.

Si on n’a pas de balcon, on peut prendre part à un jardin communautaire, et y créer l’abondance. Dans certaines zones, la liste d’attente pour une place dans un jardin communautaire peut être longue. Dans d’autres, il reste beaucoup d’espace disponible.

Un autre moyen pourrait être de faire le design du jardin d’un voisin ou d’un ami, qui ne s’en sert pas, et de créer l’abondance chez lui.

En fin de compte, si vous avez la volonté de faire quelque chose, vous trouverez un moyen ! Quand on veut, on peut.

Le Design est un des aspects les plus importants en Permaculture, car la Permaculture est avant toute chose une méthode de Design multidisciplinaire.

Si vous avez suivi un CCP, vous êtes normalement capable de réaliser un design basique. Le plus gros obstacle n’est pas là. Souvent, ce sont les premiers pas qui sont les plus durs à faire : croire en soi, croire qu’on peut y arriver, croire que cela va marcher.

Je vais vous montrer une approche pour diviser le design en petites étapes, qui rendront le processus moins impressionnant et vous aideront à vous lancer.

Je tire cette approche de ma propre expérience, un intense effort de trois mois à temps plein, pour transformer notre jardin classique de Melbourne, en un site de démonstration fleurissant. C’est devenu un exemple vivant du concept de Permaculture et de sa réussite ; des centaines de personnes sont venus le visiter depuis que j’ai commencé à le construire, il y a deux ans.

Par mon témoignage, j’espère encourager tous les Permaculteurs à se lancer et faire advenir la magie !

1. Fixez-vous des objectifs

Une des premières choses à faire est de déterminer vos objectifs.

 

Il n’y a pas de recette universelle pour créer un jardin en Permaculture. Chaque jardin est unique et il vous faut décider ce que vous voulez créer.

Avoir réalisé un design signifie que vous avez quelque chose à construire. Cela veut dire que vous avez matérialisé vos idées sur papier en leur donnant forme et structure.

 

Si vous avez seulement quelques vagues idées dans votre tête, vous procrastinerez et ne designerez jamais rien. Alors ne parlons même pas de construire quelque chose de tangible !

Le design implique de prendre des décisions. Certaines personnes aiment garder toutes les options ouvertes, alors rien n’est fait. J’ai entendu des personnes me dire qu’ils ne pouvaient pas commencer à construire, car ils pourraient faire ceci ou cela à l’avenir, ou bien faire autre chose ailleurs. Dans l’indécision, rien ne se construit.

Décidez ce que vous pouvez faire, et ce que vous voulez faire, aujourd’hui même, et non dans un futur lointain. Puis ayez la ferme intention de le réaliser, maintenant. Si vous remettez toujours à plus tard, rien ne sera jamais fait…

2. Copiez la nature

Voici quelques points à considérer au moment de commencer votre jardin en Permaculture.

La préservation du sol : comment protéger votre sol et sa fertilité ?

Un sol nu est contraire à la nature.

 

Celle-ci essaye sans cesse de le couvrir pour le protéger. Sa stratégie favorite est de faire pousser des plantes pionnières, souvent appelées irrespectueusement « mauvaises herbes ».

Un sol nu sera compacté par la pluie, ce qui dégradera la structure du sol et lessivera la fine couche de terre fertile.

Alors pensez paillage et plantes couvre sol.

Un jardin sans travail du sol protège également celui-ci, car retourner le sol détruit sa structure et expose les micro-organismes aux UV et à un surplus d’oxygène, qui les tue.

Des planches de cultures peuvent aussi aider à avoir un bon sol, car si elles assez étroites, elles empêchent de marcher dessus.

 

Marcher sur son sol détruit sa structure en le compactant et en empêchant l’air et l’eau et pénétrer jusqu'aux racines, ce qui affecte la santé des plantes, freine leur croissance et réduit la productivité.

Reconstruire un sol

Si vous partez d’un sol plutôt mort, avec très peu de matière organique et d’humus, compacté ou endommagé d’une quelconque façon, vous devrez le reconstruire.

Pour cela, vous pouvez utiliser des plantes à grosses racines pivot, comme le fenugrec ou le pissenlit, qui aideront à décompacter le sol en profondeur.

Lorsque c’est absolument nécessaire, vous pouvez bécher le sol, une fois seulement, pour l’ameublir. Ensuite il faudra impérativement le pailler pour le protéger et le couvrir.

Le compostage de surface est très utile pour ramener la vie du sol et recréer de l’humus. Il suffit de déposer de la matière organique carbonée en surface et de la laisser se décomposer.

L’utilisation d’engrais vert est une autre technique pour reconstruire un sol. Ces plantes produisent beaucoup de biomasse, qui seront coupées pour pailler. En se décomposant, elles amèneront une production d’humus et ramèneront la vie du sol.

Enfin, au risque de se répéter, ne marchez pas sur votre sol, ne le travaillez pas et utilisez les vers de terre pour labourer la terre. Ils le font de manière bien plus efficace que vous !

L'étagement des cultures

Dans la nature, les plantes poussent de manière étagée.

 

Les arbres forment la canopée, en dessous on trouve des buissons, puis des plantes herbacées, des couvre sol et des lianes entre les étages.

 

On peut garder ce schéma en tête pour utiliser l’espace de manière optimale et augmenter la productivité de son jardin en Permaculture.

La succession des cultures

La nature ne laisse jamais le sol à nu. Dès qu’une plante meurt, il y a toujours une autre plante en dessous qui attendait de pouvoir pousser.

 

Vous pouvez vous en inspirer et vous organiser pour introduire de nouvelles plantes avant que la culture précédente ne soit totalement terminée.

 

Vous augmenterez ainsi votre productivité et le sol ne sera jamais nu.

L’effet de lisière

Dans la nature, la lisière, cette zone de transition entre deux milieux différents, est la zone la plus productive.

En Permaculture, on cherche à utiliser cet effet, en ayant le plus de frontières possibles entre des milieux différents.

 

On peut par exemple utiliser des lignes courbes, des mandalas ou plusieurs petites planches potagères rectangulaires, plutôt qu’une grande.

Micro climat

Un groupe de plantes créé des différences de température, d’ombre et d’humidité, par rapport au reste du jardin. C'est ce qu'on appelle un micro-climat. Celui-ci facilite la croissance des plantes.

Veillez donc à regrouper vos plantes afin qu’elles se protègent mutuellement des éléments ( vent, soleil etc ). Cela les aidera à survivre et votre jardin sera plus résilient.

 

N’oubliez pas, une plante seule sur un sol nu, c’est comme un homme dans le désert, sans eau sous un soleil brûlant.

Verticalité

Les plantes ne poussent pas seulement horizontalement.

 

Elles peuvent aussi grandir verticalement, afin d’optimiser l’utilisation de l’espace.

 

Voici quelques idées :

  • De nombreuses lianes, comme le raisin, le kiwi, le fruit de la passion peuvent grimper le long de treillis, d’arches, de barrières ou de pergolas.

  • Les cucurbitacées, comme les citrouilles, les courgettes, les courges loofa peuvent pousser le long de treillis métalliques entre deux poteaux.

  • Les arbres en espalier peuvent aussi être utilisés le long d’un mur ou d’une barrière, afin de maximiser la productivité d’un espace.

Les jardins d’eau

Les écosystèmes aquatiques sont les plus productifs de tous et ils remplissent de nombreuses fonctions dans un design.

Ils peuvent être utilisés pour faire pousser des plantes comestibles, ils soutiennent la vie aquatique et amphibie, comme les poissons et les grenouilles, très utiles à l’écosystème.

 

Des grandes mares peuvent accueillir des canards.

 

Une mare peut également être utilisée pour recueillir l’eau et grâce à un système de filtres naturels, nettoyer les eaux grises.

 

Monoculture, polyculture et plantes compagnes

La nature privilégie la biodiversité. Une grande variété de plantes regroupées peuvent s’aider mutuellement et augmenter la productivité.

Les guildes peuvent stimuler la croissance des plantes et leur productivité, augmenter la résilience aux maladies, dissimuler les plantes ou masquer leur odeur afin de les rendre plus difficile à trouver par les ravageurs ou encore attirer des insectes bénéfiques, qui serviront de pollinisateurs ou de prédateurs aux ravageurs.

La monoculture fragilise les plantes et les rend facilement accessibles aux ravageurs.

 

De plus, il n’est pas recommandé de planter la même monoculture chaque année au même endroit. Il faut alors rentrer dans un schéma compliqué, établir un plan de culture et changer de culture chaque année pendant plusieurs années pour faire une rotation.

Mais vous pouvez choisir une manière plus simple. Imitez la nature et choisissez la diversité : faites tout pousser, partout.

3. Se lancer

Un des plus grands obstacles à surmonter lorsque l’on souhaite construire un jardin en Permaculture est de commencer.

 

Souvent, les gens peuvent se donner beaucoup de mal pour concevoir un super design et être bloqués au moment de commencer à bâtir.

Un grand objectif est plus facile à réaliser s’il est découpé en petites parties simples à accomplir.

La blague suivante renferme beaucoup de sagesse :

« Comment faites-vous pour manger un éléphant ?

   Une bouchée à la fois ! ».

Je ne pourrai jamais assez répéter l’importance de commencer petit.

 

Même si vous êtes très ambitieux et motivé, vous affronterez certainement des obstacles, des imprévus, des retards. La tâche pourra alors sembler trop ardue et vous pourriez abandonner.

Au contraire, si vous fractionnez tout en petites tâches, ce sera plus simple et la réussite de chaque petite tâche augmentera votre confiance, l’estime de vous-même et vous remotivera pour attaquer la tâche suivante.

Ayez en tête ce à quoi ressemblera votre jardin une fois terminé, appliquez la méthodologie de design puis construisez, un petit pas à la fois.

Une autre très bonne stratégie pour construire un grand jardin facilement est d’utiliser des petites unités, que l’on peut répéter progressivement pour atteindre la taille de jardin espéré.

 

Pensez par exemple à une guilde autour d’un arbre fruitier. On peut en construire une, puis une autre, puis une autre, jusqu’à avoir construit une forêt fruitière !

Si vous avez participé à un cours de Permaculture, je vous implore de continuer à avancer et de mettre en pratique ce que vous avez appris. Rien ne renforce mieux les connaissances que la pratique. C'est en faisant qu'on apprend le mieux. Et n'oubliez pas : le monde en a besoin.